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Quintet

CinémaNewsPosté par le 2/25/12 • Classé dans Cinéma,News

QuintetUSA – Robert Altman – 1979

http://www.imdb.fr/title/tt0079770

Le film Quintet de Robert Altman n’a pas laissé de trace indélébile dans le monde du cinéma. Et pourtant, il nous offre déjà une critique de l’univers des joueurs addicts à leur passion… Petit décryptage !

La terre est entrée dans une nouvelle ère glaciaire post-apocalyptique. Essex (Paul Newman) et sa femme enceinte Vivia (Brigitte Fossey) errent dans un paysage enneigé pour rejoindre la « ville » où Essex a grandi. Ils découvrent que la seule occupation des citadins est le Quintet, un jeu mystérieux et complexe, qui se joue sur un plateau en forme de pentagone, à l’aide de 2 dés et de figurines. Après la mort de sa femme et de son frère, Essex endosse l’identité du meurtrier, ce qui l’entraîne dans une partie de Quintet. Il fait la connaissance d’Ambrosia (Bibi Andersson) et de Grigor (Fernando Rey), le directeur du casino où se déroulent les parties, et qui tirent tous les deux les ficelles du jeu. Essex découvre que le but ultime du Quintet est de rester en vie, ce qu’il parvient à faire en bon héros américain ! Il décline l’offre de Grigor de devenir son champion et le film se termine presque comme il a commencé : Essex erre dans un immense paysage blanc, mais cette fois-ci il est seul…

QuintetOn remarque de suite que les règles du Quintet ne sont jamais expliquées dans le film et pour en comprendre toutes les subtilités, il faut éplucher la brochure spécialement conçue pour le tournage. Six joueurs participent : 5 s’affrontent dans un premier temps et le survivant affrontera le 6e homme, celui qui a obtenu le plus grand nombre aux dés. Car il s’agit bien d’une lutte à mort. Le jeu est un Grandeur Nature où tous les coups sont permis : manipulation, ruse, trahison, alliances et meurtres… Le hasard aussi est de la partie : si le survivant obtient un double cinq aux dés, il fait « Quintet » et devient automatiquement le Champion… Une petite partie ?

Dans un monde figé, où les cadavres des plus faibles sont dévorés par des chiens errants, où les hommes et la nature sont devenus stériles et où tout espoir semble avoir quitté ce monde, l’unique récompense de ce jeu à mort semble être le frisson du jeu lui-même… Bien au-delà d’une simple dystopie, ne faudrait-il pas y voir la vision d’Altman du monde des joueurs compulsifs ? Tout est-il dénué d’intérêt, y compris la mort d’un être cher, hormis le jeu lui-même ?

QuintetQuoi qu’il en soit, le spectateur est très vite mal à l’aise. Ne serait-ce que parce que tout le film a été tourné avec un procédé généralement réservé au tournage de scènes d’hallucinations. C’est de la vaseline étalée sur l’objectif qui permet d’obtenir cette impression de flou, de brume permanente et qui neutralise presque les couleurs. Au final, l’absence de couleur semble étayer l’absence de vraie vie en dehors du jeu, et qui échappe sans cesse aux personnages. Quant au décor postapocalyptique, il est classique : les bâtiments encore en état ont un aspect surréaliste, notamment le casino, à mi-chemin entre la caverne glacée et le musée rassemblant des vestiges d’une époque révolue… les autres, autrefois opulents, sont dans un état de délabrement et de crasse répugnants…

Un point de vue glauque et classique certes, mais qui ouvre de nouvelles perspectives lorsqu’on fait effectivement ce parallèle avec le monde du jeu. Dommage que ce film ait laissé la plupart des fans d’Altman… de glace !

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