Au secours, voici les HILPs
Les HILPs ce sont les « High Impact, Low Probality events » (événements à fort impact, mais faible probabilité), un nouveau concept[1] sorti du think tank Chatham House et dont l’émergence au cours des dix dernières années définirait une nouvelle « normalité ». Le 11 septembre, l’ouragan Katrina, la marée noire dans le Golf du Mexique, l’éruption du volcan Eyjafjallajökull ou le tremblement de terre au Japon représentent des exemples marquants de HILPs au cours des dernières années. Et dans un monde où l’économie atteint des niveaux d’interconnexion et d’interdépendance toujours plus grands, ces HILPs sont capables de générer des dysfonctionnements de plus en plus importants.
L’épidémie de SRAS en 2003 a ainsi provoqué des pertes estimées à 60 milliards de $ (2% du PIB) aux pays de l’Asie orientale. Les récentes inondations en Thaïlande ont déstabilisé toute l’industrie informatique en créant un goulot d’étranglement au niveau de l’approvisionnement des disques durs (1/4 de la production mondiale se situe dans le pays). Face à certaines situations, le principe de juste à temps ou de flux tendu peut provoquer des effondrements rapides de systèmes. En tirant plus particulièrement les leçons du nuage de cendre, le rapport de Chattam House indique qu’une crise de cette ampleur qui durerait plus d’une semaine pourrait avoir des conséquences mondiales dramatiques.
Pour se préparer aux HILPs, c’est notre manière d’appréhender les crises qui est entièrement à revoir, les outils traditionnels de gestion des risques sont traditionnellement axés sur des procédures « normales » qui intègrent peu ou pas les extrêmes. Mais l’accélération de leurs occurrences et l’impact croissant qu’ils peuvent engendrer impliquent aujourd’hui d’étudier plus systématiquement les scénarios du pire.
Répondre efficacement aux HILPs est également rendu plus difficile dès que des incertitudes scientifiques ou techniques les entourent. Des interrogations comme : les avions vont-ils réellement se crasher s’ils volent dans des nuages contenant des cendres ? combien de temps ce p….. de volcan va-t-il rejeter ses poussières ? n’aident pas forcement les institutions en charge du problème à prendre des décisions efficaces et compréhensibles.
En France, les polémiques qui surgissent systématiquement sur l’état du réseau routier à la moindre tempête de neige sont significatives des difficultés qui nous attendent en cas de vraie crise.
En + :
- Le rapport de Chatham House en pdf
- Un article de la Tribune : »Combien de temps l’économie mondiale résisterait-elle à une catastrophe ?«
[1] Qui se rapproche fortement du concept de « cygne noir » de Nassim Nicholas Taleb
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