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Enquête exclusive – Ils ont peur de la fin du monde

TV & Web sériesPosté par le 12/13/11 • Classé dans TV & Web séries

Enquête exclusive – Ils ont peur de la fin du mondeDiffusé quelques jours après un numéro d’Envoyé spécial de triste mémoire, ce reportage du magazine d’infos de M6 a visiblement bénéficié d’un traitement nettement plus professionnel.

Différence de format oblige, 26 minutes pour France 2, près de 72 pour M6, cette « Enquête exclusive » creuse beaucoup plus profondément son sillon et échappe globalement au côté bâclé de son prédécesseur.

Le sommaire, s’appuyant abusivement sur le titre  » Ils ont peur de la fin du monde », est principalement axé sur le mouvement survivaliste, mais aussi sur le business induit (ils vivent de la fin du monde), rations de survie et bunker. Spécificité française oblige, passage obligé par Bugarach (et LE gag du film grâce au célèbre comique troupier Jean-Pierre Delord), interview du président de la MIVILUDES et enfin la séquence que j’ai personnellement trouvé la plus flippante, l’interview de Guillaume Aulanier, astrophysicien à l’Observatoire de Paris.

Le survivalisme à la française (5′) :

On commence donc avec Emmanuel (directeur d’usine) et Sandrine ( Maitrise de physique nucléaire) un exemple assez rare de vrais survivalistes français acceptant de parler à visages découverts. Relativement modéré dans leur approche du survivalisme (surtout comparés aux exemples américains qui suivent), ce couple représente cependant bien les deux facettes de cette tendance : préparation (nourriture, matériel), mais aussi auto-défense (batte de base-ball et arbalète)

Enquête exclusive – Ils ont peur de la fin du monde

Emmanuel : "C'est aussi ça le survivalisme"

Bugarach (14′) :

Avec la séquence sur Bugarach, le reportage commence à donner la parole à des individus « originaux », comme le dit la voix off. Panthera Electrica et son ami Zion, venu de Californie pour entreprendre un pèlerinage mystique se donne à fond dans le New Age et sa rhétorique inspirée (vibration, énergie, niveau de conscience élevé…). Jean-Michel (cadre dans la fonction publique) parcourt le mont Bugarach à la recherche du tombeau de Jésus, ou de celui d’Isis. Avec son ami, un descendant d’Osiris, il visite d’impressionnantes grottes ou nous ne ferons malheureusement aucune rencontre du 3e type. Enfin Aymeric (déjà vu dans « Envoyé Spécial »), au look de play-boy New-Age, fait tourner sa petite entreprise multifonction (didgethérapeuthe, cristalothérapeuthe, naturopathe, magnétiseur, médium). Aymeric, visiblement aussi à l’aise avec la thérapie que le marketing, deal aussi du crâne de cristal à 15 000€ !

Enquête exclusive – Ils ont peur de la fin du mondeEnfin, une séquence sur Bugarach ne serait complète sans l’interview de son très médiatique Maire, Jean-Pierre Delord, qui nous livre le gag du film en confondant le « temple du soleil » des aventures de Tintin avec « l’Ordre du Temple Solaire » de sinistre mémoire. Sacré Jean-Pierre.

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ne pas confondre

Guatemala (9′) :

Avant de partir à la rencontre des Mayas, petit détour en Belgique pour rencontrer le très controversé Patrick Geryl (lui aussi vu dans « Envoyé Spécial »), auteur – autoproclamé à succès – d’ouvrages sur le 21 décembre 2012 (The Orion prophecy – The world cataclysm in 2012 – How to survive 2012). Patrick Geryl est l’idiot utile de 2012, sa thèse, pur exemple de pseudo-science, est celle d’une tempête solaire « spéciale » qui grillerait la totalité de la terre et déclencherait la fusion des réacteurs de l’ensemble des centrales nucléaires mondiale. Les scientifiques balayent évidemment en bloc ses allégations et, du coup, passent peut-être un peu rapidement sur certains aspects réellement préoccupants…

La partie guatémaltèque du reportage donne lieu au moment de bravoure sans lequel un documentaire sur la fin du monde ne serait être véritablement complet, l’interview du conspirationiste. C’est Alain (ancien ingénieur informatique) qui se prête de bonne grâce à cet exercice, et avec Alain on tient « le bon client », look de brahmanes, surjeu à base de roulement d’yeux et révélations fracassantes « Pompidou était un reptilien« ,  » le prince Charles ! C’est un hybride de première génération entre le Reptilien et l’humain« . La séquence à visiblement marqué les spectateurs et Alain risque bien de devenir un nouveau même internet.

Enquête exclusive – Ils ont peur de la fin du monde

Alain

Le survivalisme américain (23′):

La partie américaine du film nous ramène vers des territoires plus connus. D’un coté deux familles de survivalistes hardcore, celle de Kelyne, mère de famille mormone, instructrice de tir pour « desperate housewife » et « prepper » convaincus qui stocke dans sa maison de quoi nourrir 100 personnes pendant un an ainsi qu’un arsenal digne de figurer dans « The expendables », et celle de Paul Siefried, constructeur d’abri sous-terrain pour M. tout le monde(45 000€), dont les deux filles, logo NRA bien visible sur la casquette, manient le Glock et le M4 aussi facilement qu’un iPhone.

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Au rayon bunker, rencontre également avec Robert Vicino et son projet Vivos de bunker géant à 35 000 $ la place pour un an de confinement « 4 étoiles ». Si son français est un peu approximatif (« entrez vous, s’il vous plait« ) son sens du marketing est redoutable.

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Robert Vicinos - Le projet Vivos - L'état des travaux

Enfin, visite des supermarchés survivalistes « Emergency essentials » dont la devise est « Helping people prepare » (aider les gens à se préparer) et des usines d’Activz LLC, la société de Frank Davis spécialisée dans les rations de survies. Son produit star, un container avec 275 sachets représentant 3 repas par jour pour une personne pendant un an pour 80€.

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Le point de vue du scientifique (4′):

C’est à Guillaume Aulanier (astrophysicien) que revient le rôle de jouer le contrepoint scientifique et j’avoue que cette séquence m’a un peu perturbé.

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Interrogé sur les explosions solaires (sic), le chercheur confirme leur existence et rappelle la crise de 1989 survenus au Québec. La suite du dialogue entre Bernard de La Villardière et Guillaume Aulanier m’a par contre paru un peu confus. Verbatim :

BDLV : Celle (l’éruption solaire) de 1989, on pourrait imaginer qu’elle se produise à plus grande échelle et elle pourrait provoquer énormément de dégâts. On dit notamment qu’elle pourrait arrêter les systèmes de refroidissement  des réacteurs nucléaires ce qui provoquerait une fusion de ces réacteurs et donc une catastrophe majeure.

GA : Si ça arrivait oui. Mais la question c’est : est-ce que ça peut arriver ?

BDLV : Ça s’est produit en 1989, donc ça peut se produire à plus grande échelle ou d’une manière plus intense, non ?

GA : Pas au point d’arrêter complètement le système électrique mondial comme on peut le lire parfois sur certains sites.

BDLV : Pourquoi en êtes-vous si sur ?

GA : Parce que ce n’est jamais arrivé !

BDLV : Oui, enfin, bon, mais euh, ce n’est pas scientifique ça, je veux dire, ce n’est pas parce que ce n’est pas arrivé que cela ne pourra pas se produire.

GA : Le soleil est sous surveillance depuis plusieurs siècles. On observe des taches solaires qui sont la source des éruptions solaires depuis des siècles. Les éruptions solaires elles sont sous surveillance depuis plus de cent ans et depuis tout ce temps de surveillance ont a jamais vu un événement qui pourrait avoir une énergie suffisante pour démolir complètement le système électrique mondial. Donc il n’y a aucune raison pour s’inquiéter en tout cas à court terme.

En s’attachant au pire « démolir complètement le système électrique mondial » on ne répond pas à des interrogations plus crédibles (10 ou 20 % de black-out sur un des continents de l’hémisphère nord par exemple) mais déjà largement catastrophiques. De même, parler de « surveillance (des éruptions solaires) depuis plus de cent ans » permet d’éviter d’aborder les cycles plus longs et le « pic » de 1859.

Conclusion :

Si tout n’est pas parfait dans ce reportage, il tranche néanmoins avec le ton condescendant utilisé généralement pour ce type de sujet. On pourra regretter de n’avoir pas interrogé les survivalistes français sur leurs motivations, de n’avoir pas « creusé » un peu plus les activités de certains profiteurs du système et d’avoir pris le risque, en mettant en avant quelques « illuminés » (Alain, si tu nous écoutes…) de marginaliser tous les intervenants. Ce dernier est assez net sur les forums, où le thème qui revient systématiquement est « mais qu’est ce qu’ils ont fumé ?« 

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5 commentaires

  1. Bonjour,
    et merci pour cet article, surtout pour la photo qui me montre dans le feu de l’action. Nous avons également un blog qui présente notre démarche dans le détail. http://www.terre-nouvelle.fr/category/survivalisme

  2. je tien a devenir un savent pour ne plus avoies des frissons ok svp aider moi

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