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Vicilisation – La chute – Chris Antone

LivresPosté par le 3/26/11 • Classé dans Livres

Vicilisation – La chute – Chris AntoneVicilisation – La chute – Chris Antone – 266p. – 13.95€

La crise, la crise financière, la dernière, celle qui a failli tout balayer, du pipi de chat pour Chris Antone. Dans Vicilisation, son 1er roman, la crise finit vraiment par mettre à terre tout le système. Il ne fonctionnait plus bien du tout depuis quelque temps, 80% de chômage, des fonctionnaires sans salaires depuis plusieurs mois, ça ne pouvait plus tenir longtemps, et de fait, ça a lâché. Tout, et presque d’un coup. Les émeutes, l’armée qui « sécurise », l’exode, l’anarchie.

Le système ne pouvait pas continuer sans fin à passer d’une bulle spéculative à l’autre, un jour donc, la France, l’Europe, le monde se sont retrouvés sans travail, sans argent, sans hôpitaux ni protection sociale, sans rien. Et la vieille loi du plus fort est ressortie de son trou, pas de pitié pour les faibles, les vieux, les enfants ou les femmes. Les dernières traces d’organisation, de gigantesques camps de réfugiés, sécurisés par l’armée, avec une bâche pour s’abriter et un peu de nourriture pour survivre.

Vicilisation – La chute – Chris Antone

La chute

Pour Jacques, le héros du roman, architecte à Paris, une priorité, fuir la capitale et rejoindre sa famille dans le Sud. Avec un ami il vole un ULM et commence un périple extrêmement risqué en traversant un pays qui perd rapidement tous ses repères. La 1ère partie du livre raconte cette évasion avec son lot d’aventures et de péripéties.

Arrivé à destination, tout n’est pas rose, loin de là, mais Jacques est architecte, métier fondamentalement lié à l’organisation humaine, et s’il veut bien mettre son énergie au service de la reconstruction, ce n’est absolument pas pour tenter de recréer un système qui ressemblerait à celui qui vient de s’effondrer.

La seconde partie du livre explore cette tentative d’une refondation « différente », de recherche de structures alternatives qui offriront des bases solides aux survivants de la chute. Naïf ? Peut-être. Utopiste ? Certainement, mais le genre d’utopie prônée par ceux qui préféraient déjà l’énergie solaire aux centrales nucléaires dans les années 70. C’est un peu Solutions locales pour un désordre global version postapocalypse.

Vicilisation est le 1er roman de Chris Antone et on sent que le monsieur a beaucoup réfléchi à son sujet avant de commencer à écrire, la principale force du livre étant de décrire un modèle intelligent, crédible, mais surtout humain. Comme beaucoup de 1er roman, Vicilisation est portée par une belle énergie, j’ai ressenti, en tant que lecteur, le besoin que l’auteur a eu d’écrire cette histoire. Il possède également les défauts classiques des premiers livres, un style un peu appliqué qui sera je l’espère plus libéré pour  la suite, puisque l’histoire de Vicilisation se continuera dans un prochain roman en 2012 !

Attention, Vicilisation est publié en auto-édition chez lulu.com, vous ne trouverez pas le livre dans les circuits de distributions habituels, mais uniquement sur le site de l’éditeur !

Le livre en également disponible en format ebook (5,13 euros)

En + :

La photo est tirée du film La Horde

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2 commentaires

  1. Mouais. Je viens de finir le livre qui me laisse un sentiment mitigé :
    - un bon scénario général, des bonnes idées d’intrigues au fil des chapitres, des pistes de réflexion sur notre société et son avenir….
    - … mais également quelques incohérences techniques (non on ne peut pas siphonner la pluspart des voitures avec un tuyau), quelques incohérences d’intrigues (le retour du frère est particulièrement mal géré), et une narration parfois étrange manquant de cohérence globale à mon gout.

    Plus jeune je pardonnai les imperfections literraires des ouvrages de SF ou d’anticipation mais en vieillissant j’ai de plus en plus de mal. Enfin j’ai quand même tout lu :-)

  2. Je viens aussi de terminer le bouquin et j’ai vraiment aimé.

    Je n’ai pas été perturbée par les détails qu’évoque Nico, mais plutôt par la perspective assez sombre (et hélas d’actualité) que décrit l’auteur. Si c’est ce qui nous attend après la crise grecque, la crise financière aux usa, et des dettes souveraines en Europe… C’est assez flippant !

    Au début, on se demande d’ailleurs où tout ceci va nous mener et on n’arrive pas à lâcher le récit assez relevé et haletant. Les mots sont à la hauteur de la violence, de la soudaineté et de l’improbabilité de « la chute ». Progressivement, on découvre la vie des « survivants » et les choses se mettent en place. Notamment la vision globale qu’amène l’auteur sur notre modèle d’organisation et son impasse, sur les villes et l’écologie à deux balles… c’est bien vu.

    En revanche, je regrette que l’histoire d’amour ne soit pas assez développée… Mais bon, c’est un avis de fille romantique, et pour un premier roman (de garçon ;-) ), c’est plutôt bien réussi.

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