En un monde parfait – Laura Kasischke
En un monde parfait, certainement puisque Britney Spears vient de mourir, touchée à son tour par la fièvre de Phoenix, ou zoonose hémorragique, une nouvelle pandémie dont les médias commencent à parler. Mais pour Jiselle, hôtesse de l’air trentenaire, la fièvre de Phoenix n’est pas la principale préoccupation. Jeune femme, tendance Bridget Jones, Jiselle vient d’épouser Mark Dorn, un séduisant pilote, veuf et pères de trois enfants. Pourtant, la cohabitation de la nouvelle belle-mère et de la progéniture de son mari se relève vite maussade. Jiselle arrivera-t-elle à apprivoiser ses nouvelles ennemies jurées ?
Relisez le paragraphe précédent en omettant le début sur la pandémie. J’imagine que, comme moi, vous pensez à la prière d’insérer d’une des dernières parutions de la collection Harlequin.
En un monde parfait joue en permanence de ce décalage entre inanité et apocalyptique de façon très subtile. Mais, le mariage de la mièvrerie apparente du récit à une toile de fond extrêmement sombre n’est pas le seul intérêt du libre. Laura Kasischke règle également à une montée en puissance très progressive et très insidieuse des éléments catastrophistes, son écriture, incroyablement précise et méthodique, donne un côté badin à la fin du monde, un peu l’air de rien. Il y a du Mort à Venise dans ce livre implacable, un Mort à Venise shooté par David Lynch, version soap déréglé.
En un monde parfait – Laura Kasischke – Christian Bourgeois – 331 pages – 19€
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