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Les séries télé post-apocalyptique ne marchent jamais

Revue de Net / PresseTV & Web sériesPosté par le 1/29/11 • Classé dans Revue de Net / Presse,TV & Web séries

Les séries télé post apocalyptique ne marchent jamaisUn article d’Annalee Newitz paru sur IO9 - Post-apocalyptic TV shows never succeed (traduction la-fin-du-monde.fr avec l’aimable autorisation de l’auteur)

La série zombie apocalyptique Walking Dead a le vent en poupe ainsi que les éloges de la critique. Mais si nous écoutons les leçons de l’histoire, elle est vouée à l’échec. En effet, personne n’a jamais réussi une série postapocalyptique qui fonctionne à la télé américaine.

Ces dernières années, le postapocalypse a servi de toile de fond à des séries télé cultes comme Jericho, l’histoire d’une petite ville du Kansas après qu’une attaque nucléaire mystérieuse ait rasé toutes les grandes villes américaines. D’un soap opéra sur la survie à la suite d’une catastrophe totale, le spectacle s’est finalement tourné vers une approche plus politique sur la reconstruction de la nation américaine. Tendu et compliqué, le spectacle a gagné le cœur des fans et des critiques, mais le grand public a zappé. Malgré une campagne de fans très bien organisée, CBS ne proposa qu’une deuxième saison tronquée.

Qu’est-ce qui n’allait pas avec Jéricho ? La même chose qui semble aller de travers avec toutes les histoires postapocalyptiques. C’est tout simplement difficile de regarder la mort et le désespoir semaine après semaine. Même si l’intrigue est axée sur comment empêcher l’apocalypse, comme dans Sarah Connor Chronicles ou Odyssey 5 de la chaîne Showtime’s, les choses deviennent vite trop lugubres. Les deux séries utilisaient les voyages dans le temps pour empêcher la fin du monde, et incluaient quelques flashs-forwards des destructions à venir.

Une des séries postapocalyptiques au cours des années 2000 qui a réussi à tenir la distance fut le reboot de Battlestar Galactica (BSG), bien qu’il s’agisse d’un conte postapocalypse non conventionnelle à bien des égards. Tout d’abord, c’est un space opera qui se situe loin dans la préhistoire de l’homme et, deuxièmement, elle parle d’une diaspora civilisationnelle plutôt que d’un effondrement. De plus, le spectacle a réussi à survivre en partie en trouvant refuge sur la chaîne Syfy, où il n’avait pas besoin de recueillir le même genre d’audience qu’un show comme Jéricho ou Sarah Connor Chronicles. On pourrait dire la même chose à propos de la série de Showtime diffusée au milieu des années 2000, , qui se situait dans un monde où la peste a décimé tous les adultes. Il est peu probable que BSG ou Jeremiah auraient survécu une saison complète sur la Fox, ces exceptions confortent l’idée que les grandes audiences fuient les histoires de futurs glauques dans un format sérialisé.

Cette règle était pourtant connue dans la pop culture des années 1970, qui constituent probablement la dernière période, avant les années 2000, ou des séries postapocalyptiques ont été lancées de façon régulière – et finissant toujours par un échec. Certaines sont mortes pour de bonnes raisons, comme les affreuses séries basées sur la Planète des Singes ou l’Age de cristal – toutes les deux situées dans un avenir lointain où les humains sont réduits en esclavage par respectivement, des singes intelligents et des superordinateurs intelligents. Aucune des deux ne dura une seule saison.

Mais il y avait également une pléthore de série postapocalyptique originale dans les années 1970, y compris l’incroyable série pour les jeunes Ark II, basée sur les histoires d’une famille errant dans de grandes contrées polluées, rencontrant des groupes de gens bizarres tout en essayant de maintenir la dignité humaine dans leur comportement. Seulement 15 épisodes furent tournés, malgré une large reprise par des chaînes locales.

Gene Roddenberry, le créateur de Star Trek, a tenté à plusieurs reprises de mettre sur pied une série postapocalyptique. Un projet, Genesis II, fut finalement diffusé en 1973, mais c’était un téléfilm. Il racontait l’histoire de Dylan, un scientifique du 20ème siècle qui partait en animation suspendue, pour se réveiller au 22ème siècle dans un monde où la civilisation s’était effondrée. Roddenberry avait planifié toute une saison, basée sur l’idée que Dylan rejoignait un groupe de « soldats de la paix » qui utilisaient un système de tunnels souterrain à la recherche de vestiges de la civilisation et trouvaient des poches de vie post-humaine. Vous pouvez voir en quoi l’idée était séduisante : les décors post-apocalypse ne coûtent rien, et vous pouvez rencontrer « d’étranges nouvelles formes de vie ou de civilisations », sans jamais quitter la Terre.

Aucun d’épisodes prévus n’ont été jamais produit, à l’exception d’un épisode qui est devenu plus tard un téléfilm appelé Planet Earth, sur un monde dominé par les femmes où les hommes sont esclaves.

Un autre spinoff de Genesis II devint un téléfilm au milieu des années 70, il s’intitulait Strange New World, trois scientifiques revenaient sur Terre après une mission dans l’espace, pour découvrir qu’une sorte d’apocalypse avait transformé la planète. Comme Dylan dans Genesis II, ces scientifiques se seraient baladés de place en place, découvrant des villes dirigées par des androïdes, les hommes étant réduit en esclavage – ou une ville zoo à moitié en ruine et dont le gardien tente de protéger les animaux survivants.

Seuls les Britanniques et les Japonais semblent réussirent leurs séries postapocalyptiques. Les deux pays produisent souvent des miniséries, ou des direct-to-DVD, qui permettent à leurs auteurs de nous montrer un avenir sombre et terrible sans être obligé de tenir pendant des années. La BBC à produit notamment des mini séries étonnantes au début des années 1980 comme Day of the Triffids, et Tripods (basée sur les romans incroyables YA de John Christopher). Au milieu des années 70, la série de la BBC The Survivors, basée sur un groupe hétéroclite de personnes après qu’une épidémie ait décimé la planète entière, dura trois saisons de 12 à 13 épisodes chacune.

La série d’animation des années 1980 Fist of the North Star a bien fonctionné, mélangeant holocauste post-nucléaire avec une thématique arts martiaux (glissant parfois légèrement vers le pompier).

Même la série fleuve Gundam, qui était sans conteste apocalyptique, elle mettait l’accent sur la guerre et les technologies post-humaine-, parvient à échapper au glauque en nous montrant un monde qui n’a pas été entièrement décimé par la guerre (et l’impact d’un météorite), mais qui est souvent au bord de la destruction.

Le modèle que nous voyons émerger de ces séries postapocalyptiques, c’est que la seule façon de survivre est soit de transformer votre show en minisérie avec une fin – ou de se concentrer sur la reconstruction de la civilisation. Et par «reconstruction», je veux dire qu’il doit y avoir un certain niveau de la technologie moderne – qui existe dans Gundam, et aussi dans The Survivors, où la maladie a détruit l’homme, mais pas l’environnement. C’est peut-être pourquoi la BBC a récemment relancé une nouvelle série de The Survivors . Bien sûr, elle a été annulée après deux courtes saisons. Pourtant, elle pourrait bien durer plus longtemps que Walking Dead.

Envoyer un email à Annalee Newitz, l’auteur de ce post, à annalee@io9.com .

Un article d’Annalee Newitz paru sur IO9 - Post-apocalyptic TV shows never succeed (traduction la-fin-du-monde.fr avec l’aimable autorisation de l’auteur)

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3 commentaires

  1. Je ne suis pas totalement d’accord, tout dépend de la qualité du scénario ainsi que de la production afin de sensibiliser les téléspectateur des série télé sur l’évolution post modern apocalyptique et son implication humanitaire

  2. tamer.

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