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Dossier spécial “la fin” du magazine Scientific American

Revue de Net / PressePosté par le 9/16/10 • Classé dans Revue de Net / Presse

Dossier spécial “la fin” du magazine Scientific AmericanEternelle fascinations pour la fin du monde: Pourquoi sommes-nous autant accrocs aux histoires racontant notre fin.

Voici la traduction de l’introduction au dossier spécial « La Fin » du célèbre magasine de vulgarisation scientifique américain : Scientific American

Encore une fois, le monde est sur le point de finir. La dernière source d’angoisse apocalyptique nous est offerte gracieusement par les Mayas, dont le calendrier s’arrête en 2012, selon l’interprétation d’une équipe d’auteurs et de réalisateurs de blockbuster opportunistes. Peu de temps avant, trois plaintes différentes ont argué que le LHC allait propager un trou noir sous le lac de Genève. Avant cela, des capitaines d’industrie avaient déboursé des milliards pour se préparer à l’apparition de deux zéros dans le champ de date de programmes informatiques trop nombreux pour être comptés ; sans eux, ce battement d’horloge aurait certainement secoué la civilisation moderne dans ses fondements.

On pourrait penser que la diffusion des sciences, avec sa méthodologie et son obsession des faits, nous immuniserait contre les obsessions apocalyptiques les plus extravagantes. Et bien non, si elle sert à quelque chose, c’est juste à nous préoccuper de plus de choses.

Dossier spécial “la fin” du magazine Scientific American

Bill Joy et un prototype de nanorobot

Certains des prophètes de malheur les plus fervents et les plus convaincants, après tout, sont des scientifiques. Bill Joy, cofondateur et ancien expert scientifique en chef de Sun Microsystems, averti que des nanorobots hors de contrôle pourraient consommer absolument tout sur terre. L’astronome Martin Rees a publiquement fait le pari qu’une catastrophe biologique, accidentelle ou intentionnelle, tuera au moins un million de personnes d’ici 2020 (à ce jour, personne n’a relevé le pari). De nombreux climatologues sonnent l’alarme quant à la possibilité d’un emballement du réchauffement climatique. Ils grimpent tous sur les épaules de géants : l’économiste britannique , Thomas Malthus prévoyait au 19e siècle que l’augmentation de la population conduirait à une famine généralisée et à la catastrophe. Cela n’est jamais arrivé, mais cela n’a pas empêché le biologiste Paul R. Ehrlich de Stanford de renouveler l’avertissement de son ouvrage de 1968 intitulé «The Population Bomb» dans lequel il prédisait une famine mondiale avant deux décennies. Cette catastrophe-là n’est pas non plus arrivée, mais cela veut-il dire qu’elle ne se produira jamais ? Pas nécessairement. Pourtant, les gens s’inquiètent souvent de façon disproportionnée sur des catastrophes qui sont peu susceptibles de se produire.

Dossier spécial “la fin” du magazine Scientific American

Thomas Malthus – La couverture du livre de Paul R. Ehrlich

La science est peut-être coupable, mais elle offre aussi des explications sur les raisons qui nous rendent si craintifs. Certains chercheurs pensent que les craintes apocalyptiques nourrissent notre inquiétude collective vis-à-vis d’événements qui sont hors de notre contrôle individuel. La crainte d’une guerre nucléaire et la dégradation de l’environnement qui ont frappé la nation dans les années 1960 ont été un facteur important dans la montée de la contre-culture, déclare ,, sociologue à l’Université de Californie, et auteur de «l’Apocalypse: De l’Antiquité à l’empire de la modernité»( Apocalypse: From Antiquity to the Empire of Modernity). Lors de cette décennie, la civilisation a subi des menaces plus fondamentales. « Après des événements comme le 11 septembre, la crise de 1029, ou des catastrophes technologiques, comme la marée noire de BP, les gens commencent à se demander, et pas seulement les fanatiques et les survivalistes, si  la société moderne est réellement capable de résoudre ses problèmes»dit Hall. Si le monde semble partir en vrille, on peut penser que, peut-être, c’est réellement ce qui se passe.

Dossier spécial “la fin” du magazine Scientific American

John R. Hall – La catastrophe pétrolière de BP

Cette tendance est, en partie, une conséquence de notre aptitude à rechercher des similarités, nous sommes, après tout, des créatures de la savane, programmées pour découvrir des singularités dans le monde naturel. Il est dans notre nature de tirer d’une histoire simple un ensemble complexe de données. Ces dernières années, cette tendance a été amplifiée par de nouveaux médias qui excellent à résumer des événements complexes en images proches de bande dessinée. Le désir de considérer des événements terribles comme les signes annonciateurs de la fin de la civilisation elle-même trouve aussi ses racines dans un autre trait humain : la vanité.

Nous croyons tous que nous vivons une époque exceptionnelle, peut-être même un moment critique dans l’histoire de l’espèce. La technologie semble nous avoir donné le pouvoir sur l’atome, sur le génome, la planète, avec des conséquences potentiellement désastreuses. Cette attitude peut découler de notre désir de nous placer au centre de l’univers. «Cela fait partie de la perspective fondamentalement limitée de notre espèce à croire que ce moment est le moment critique et ce de tous les points de vue, pour le bon, pour le mauvais, pour la fin définitive de l’humanité», dit Nicholas Christenfeld, un psychologue de l’Université de San Diego, en Californie. Imaginer que la fin du monde est proche nous fait nous sentir spéciaux.

Nos craintes de l’apocalypse peuvent également servir de miroir à notre peur la plus fondamentale de toutes: la peur de notre propre mortalité. Tout ce tiens, la mort, la dissolution de notre société, l’extinction de notre espèce. Peu importe nos sentiments sur ce sujet, le mouvement constitue la nature du monde, et les fins sont d’incontournables quoique souvent négligés, parties de la vie. C’est pourquoi nous avons choisi de consacrer la part du lion de ce numéro de Scientific American à ces thèmes terminaux. Nous y examinons la possibilité que la civilisation succombe à une pandémie ou un astéroïde, à la perte de la diffusion des connaissances autochtones parmi les cultures du monde, à la diminution des ressources que notre planète aura de plus en plus de mal à fournir.

Certaines de ces fins sont plus probables que d’autres. Certaines, comme la fin des temps, sont franchement paradoxales. Nous commençons notre voyage, mais, avec un regard vers l’inévitable, la fin à laquelle nous devrons tous faire face et nos efforts pour la prévenir.

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