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Les extinctions de masse qui ont presque fait disparaître l’Humanité

MétéoritesRevue de Net / PressePosté par le 4/10/10 • Classé dans Météorites,Revue de Net / Presse

Les extinctions de masse qui ont presque fait disparaître l’HumanitéArticle original paru sur IO9

Ed Grabianowski (traduction la-fin-du-monde.fr avec l’aimable autorisation de l’auteur)

L’humanité a été presque anéantie à plusieurs reprises dans notre lointain passé. Que c’est-il réellement passé, et quel enseignement peut-on en tirer pour l’avenir de l’évolution humaine ?

Les scientifiques peuvent identifier des quasi-extinctions en corrélant différents éléments. Tout d’abord, en étudiant des échantillons d’ADN, en effectuant des comptages et des mesures des transformations de la diversité génétique (les séquences Alu ((Arithmetic and Logic Unit) unité arithmétique logique) et l’ADN mitochondrial sont particulièrement utiles à cet égard), ils peuvent détecter des goulots d’étranglement de population. Un goulot d’étranglement indique que pour une certaine période de temps la population d’une espèce donnée atteint un nombre très faible. Cela réduit la diversité génétique, puisque chaque membre de l’espèce à partir de ce moment est issu d’un nombre restreint de géniteurs.

L’étape suivante consiste à trouver un évènement qui a pu causer une disparition généralisée, le plus souvent une catastrophe, comme l’éruption d’un supervolcan ou l’impact d’un astéroïde. Les études génétiques peuvent sensiblement améliorer la datation du goulot d’étranglement de la population, et les géologues peuvent déterminer les dates des éruptions massives et les impacts de façon assez précise. Quand les dates coïncident, vous avez peut-être découvert quelque chose.

Le troisième indice majeur est l’indication que la catastrophe a provoqué des répercussions qui ont conduit à une mortalité massive. Une énorme éruption peut provoquer un effet de refroidissement prolongé, alias «hiver volcanique». Autre hypothèse, l’injection de quantités massives de CO2 dans l’atmosphère peut conduire à un effet de serre galopant, sans parler de la présence de composés toxiques sur une large zone. Tous ces effets sont préservés géologiquement, et peuvent être retrouvés, mesurés et datés. Si ces faisceaux convergent vers votre goulot d’étranglement et votre catastrophe, vous avez une chance assez solide d’avoir à faire à une extinction de masse.

En fait, une étude récente a mis en évidence ce type d’éléments pour l’extinction de la fin du Trias. Celle-ci fut bien la suite d’une série d’éruptions massives dans le centre-nord de la Pangée, et des études récemment mise à jour sur l’impact de Chicxulub , confirme toutes qu’une collision massive était en effet, responsable de l’extinction des dinosaures.

Les extinctions de masse qui ont presque fait disparaître l’Humanité

Et l’humanité dans tout ça ? Il y a une quasi-extinction qui est assez bien connue, même si elle reste controversée. Il y a environ 70.000 ans, à plus où moins quelques milliers d’années, une énorme éruption s’est produite dans ce qui est maintenant Sumatra, laissant derrière elle le lac Toba (photo ci-dessus). L’éruption coïncide avec un goulot d’étranglement de la population qui est souvent cité comme la raison de la faible diversité génétique d’Homo sapiens sapiens. Les recherches laissent à penser que seulement 2000 hommes aient pu survivre à l’éruption et à ses séquelles.

Un article récent paru dans les Actes de l’Académie nationale des Sciences décrit un autre goulot d’étranglement de la population beaucoup plus loin dans l’histoire humaine. Les études génétiques ont révélé qu’il y a 1,2 million d’années, il n’y avait pas plus de 55.000 exemplaires du genre Homo, y compris les hominidés pré humains comme Homo erectus et Homo ergaster. Ce phénomène est intéressant parce que nous n’avons aucune preuve solide d’un événement catastrophique au cours de cette période, et nous ne sommes donc pas sûrs de ce qui pourrait avoir causé cet effondrement de la population ni de la direction dans laquelle il faudrait chercher.

Ce qui est le plus intéressant avec un goulot d’étranglement de la population, c’est l’effet qu’il a sur l’évolution. Avec une petite population, les mutations sont transmises à un très fort pourcentage des membres de l’espèce. Des mutations néfastes peuvent être dévastatrices et conduire à une extinction pure et simple. A contrario, des mutations bénéfiques peuvent entraîner des changements très rapide dans la population. Et si on imagine une organisation tribale penchant vers un système dans lequel quelques mâles dominants sont responsables d’une grande part des procréations, cette situation devient encore plus prononcée. Une toute nouvelle espèce peut être créée en quelques générations. Les anthropologues avancent le fait que ces goulots d’étranglement ont été responsables du développement rapide des hominidés.

Un goulot d’étranglement provoqué par une catastrophe possède un autre facteur qui influe sur l’évolution. Ce n’est pas seulement un goulot d’étranglement, c’est un goulot d’étranglement sous pression. Le genre de situations catastrophique que vous pouvez imaginer après une éruption supervolcanique, pousse le concept de « le mieux adapté survit» à un niveau beaucoup plus élevé. La mutation bénéfique (par exemple un cerveau plus volumineux qui facilite la chasse de proies moins nombreuses et permet de construire des abris primitifs) se propage toujours a un plus grand nombre de l’espèce, mais en plus, chaque ligne génétique qui ne possède pas la mutation disparaît (ou, s’éloigne quelque part elle peut s’en sortir). Le résultat : une spécialisation rapide.

Quand vous serez dans la phase de construction de la société de votre nouveau grand roman de SF, gardez à l’esprit la notion de spécialisation. Si une planète n’est pas géologiquement active, elle peut posséder une flore et une faune homogène, sinon, d’autres éléments doivent avoir provoqué la diversité des espèces. Après tout, les volcans géants ne sont pas la seule cause de la spécialisation (tout ce qui met une espèce sous pression, y compris d’autres espèces, fonctionne). D’autre part, une planète sujette à de brusques et rapides changements écologiques pourrait être un bon endroit pour voir émerger la subtilité. Tout environnement qui met les espèces sous pression constante pour leur survie et accorde une prime à leur capacité d’adaptation pourrait avoir tendance à créer des créatures intelligentes. Un peu comme le nôtre l’a fait.

En +

  • Composé spécifique d’isotopes  de carbone issus de la plus grande éruption de basalte que la Terre a connu et directement liés à l’extinction de masse de la fin du Trias » PNAS .
  • « When humans faced extinction. » BBC
  • « The Chicxulub Asteroid Impact and Mass Extinction at the Cretaceous-Paleogene Boundary. » Science
  • « Humans Might Have Faced Extinction. » Scientific American .

Envoyez un courriel à Ed Grabianowski, l’auteur de ce post, à edgrab@io9.com

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