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3ème guerre mondiale, le « war book » américain 2/2

Holocauste nucléaireRevue de Net / PressePosté par le 4/18/10 • Classé dans Holocauste nucléaire,Revue de Net / Presse

3ème guerre mondiale, le « war book » américain 2/2

L’administration Nixon, le SIOP, et la recherche d’options limitées, 1969-1974

(traduction la-fin-du-monde.fr) lire l’article original sur le site des Archives de la sécurité nationale

Par William Burr, publié le 23 novembre 2005

1ère Partie : le SIOP

2ème partie : la « Doctrine Schlesinger«

Complétant la NSTAP, le SIOP fournissait à la National Command Authority (le Président et le secrétaire à la Défense), cinq options d’attaque contre l’Union soviétique et d’autres pays communistes :

  • une attaque préventive contre les catégories de cibles ALPHA. En 1971, cette frappe nécessitait 3200 bombes et ogives (y compris les Multiple Independently Retargetable Reentry Vehicles – MIRV – véhicule de rentrée multiple à reciblable indépendant) pour détruire 1700 installations.
  • une attaque préventive contre les catégories de cibles ALPHA et BRAVO. En 1971, cette frappe nécessitait 3500 armes programmées pour détruire 2200 installations.
  • une attaque préventive contre les catégories de cibles Alpha, Bravo et Charlie. En 1971, cela aurait impliqué 4200 armes programmées pour détruire 6500 installations (car certaines étaient adjacentes ou «co-localisés»).
  • une frappe de représailles contre les catégories de cibles Alpha, Bravo et CHARLIE ; en 1971, il fallait pour cela quelque 4000 armes pour 6400 installations.
  • une frappe de représailles contre les catégories de cibles Alpha, Bravo. En 1971, cette option nécessitait 3200 armes pour détruire 2100 installations.

Outre les options d’attaque, le SIOP incluait des « exceptions » qui permettaient d’exclure l’attaque de certaines cibles. Par exemple, les attaques sur les principales installations de commandement et de contrôle de Moscou et de Pékin pouvaient être ajournées si les autorités de commandement des États-Unis voulaient préserver des voies de communication avec l’Union soviétique ou la Chine. Les attaques contre des pays entiers, comme la Chine, la Pologne, ou la Roumanie, pouvaient également être exclues si ces pays ne participaient pas à la guerre ou pour d’autres raisons politiques ou militaires.

3ème guerre mondiale, le « war book » américain 2/2

Le président Nixon, le Secrétaire national pour la sécurité Kissinger, le secrétaire à la Défense Laird, et le chef d’état-major Earle Wheeler en train de déjeuner au Pentagone avant d’aller au National Military Command Center pour une séance d’information SIOP, 27 janvier 1969 (Photo, courtesy Office of Secretary of Defense Historical Office)

Tout comme les hauts fonctionnaires de la sécurité nationale de l’administration Bush (fils), qui cherchèrent à fabriquer des armes nucléaires plus utilisables en leur assignant des missions de destructions de bunker, l’administration Nixon voulait être en mesure de construire des menaces nucléaires plus crédibles que les options SIOP catastrophiques. Lors d’une visite au Pentagone, à la fin janvier 1969, quelques jours seulement après son installation, Richard Nixon et Henry Kissinger ont reçu leur premier briefing SIOP, ils ont été surpris par ce qu’ils ont découvert, en partie parce qu’ils ont trouvé que les options d’attaque étaient inconcevables et inutilisables pour une crise entre l’Europe de l’ouest et celle de l’Est, de même au Moyen-Orient ou en Asie.

Les précédentes administrations présidentielles avaient promu l’idée d’une gamme plus large, plus exigeante, des options nucléaires et la RAND Corporation et l’Air Force analysaient ces possibilités par l’intermédiaire des études OPTS NU (options nucléaires).

Estimant que le président devait avoir des options militaires autres que la menace d’attaques nucléaires massives, Kissinger a commencé à pousser la bureaucratie de la sécurité nationale à sortir des idées et des plans pour une utilisation plus sélective des armes nucléaires qui serait plus utile pour soutenir une menace politique et même pour un usage militaire effectif.

Pendant les mois qui suivirent, la pression de la Maison Blanche sur la bureaucratie produit peu de résultats, même si le Pentagone devint plus sensible à l’intérêt de Nixon et Kissinger pour des solutions de rechange stratégiques.

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De 1972 à 1974, une étude interne du Pentagone ouvrit la route pour une étude inter-agences qui présentait des éléments pour un contrôle de l’escalade et un ciblage nucléaire sélectif. Bien que certaines voix au sein du gouvernement émettent des doutes quant à la possibilité de contrôler l’escalade nucléaire, Kissinger les écarta. Début 1974, le président Nixon signa un protocole de sécurité national demandant la préparation d’une « large gamme de possibilités d’utilisations limitées d’armes nucléaires », qui pourraient être utilisées pour démontrer la gravité de la situation à un adversaire ainsi que pour indiquer un désir de «faire preuve de retenue». Ce livre comprend également des documents d’information sur la planification de la période Nixon pour fabriquer des armes nucléaires plus utiles, politiquement et militairement.

Avant que Nixon signe le NSDM (National Security Decision Memorandum), le secrétaire à la Défense James Schlesinger, avec qui Kissinger avait une relation de travail assez compétitive, fît des déclarations informelles à la presse et divulguât certaines des caractéristiques de la nouvelle politique de ciblage sélectif, mettant l’accent sur l’importance des «Contres-forces ». Les déclarations de Schlesinger reçurent une couverture médiatique considérable et firent l’objet de nombreux commentaires, certains très critiques, à Washington, Moscou et en Europe de l’Ouest. La nouvelle approche fut rapidement surnommée, à la grande consternation de Kissinger, la « Doctrine Schlesinger« .

Pendant les mois qui suivirent, le Pentagone fournit un effort confus, et pas vraiment productif, pour produire une série d’options nucléaires répondants aux souhaits présidentiels.

Un article publié récemment par l’éditeur de ce recueil fournit de plus amples renseignements sur le SIOP tel qu’il fut sous l’administration Nixon et les recherches de la Maison Blanche pour des options nucléaires limitées, William Burr, «L’Administration Nixon, «la stratégie de l’horreur », et la recherche d’options nucléaires limitées, 1969-72: Prélude à la doctrine Schlesinger », paru dans le numéro d’été de 2005 de La revue des études de la guerre froide. Pour plus d’informations sur la réforme du SIOP entre 1972 et 1976, il faut lire : William Burr, « ’Is This the Best They Can Do ?’ , Henry Kissinger et la quête d’options nucléaires limitées, 1969-1975», de Vojtech Mastny, Andreas Wegner, et Sven S. Holtsmark, eds.,  Plans de guerre et alliances durant la guerre froide (Londres: Routledge, 2006).

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5 commentaires

  1. Je signale un bug dans la phrase suivante :

    • une frappe de représailles contre les catégories de cibles Alpha, Bravo et CHARLIE ; en 1971, il fallait pour cela quelque 4000 armes pour 6400.

  2. @Frédéric
    merci, c’est corrigé

  3. De rien :)

    Sur le wiki, j’avait travailler sur les articles sur les arsenaux nucléaires (Single Integrated Operational Plan justement :) ,Strategic Air Command , arsenal nucléaire de la Russie, Force de dissuasion nucléaire française, etc) d’ou l’intéret que j’ai porté à votre article.

    Si cela ne vous ennuie, puis je recopier les phrases sur les options d’attaque pour le wiki ?

  4. @Frédéric
    pas de problème (n’hésitez pas à citer la-fin-du-monde.fr si c’est possible)

  5. Entendu, un peu de pub ne fait de mal ;)

    ??????? ??? ???????, ???????

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