La route – the road
Posté par ethanol le 1/21/10 • Classé dans Cinéma, Holocauste nucléaire, News
USA – John Hillcoat – 2009
http://www.imdb.com/title/tt0898367/
Un film de genre se juge sur ce qu’il montre (et en général, on pense aux effets spéciaux ou à l’aspect gore par exemple), mais aussi par ce qu’il ne montre pas. Et dieu sait (ainsi que les lecteurs de ce blog) que les films de fin du monde, surtout ceux post apocalyptique, contiennent quasiment autant de passages obligés qu’un James Bond (vodka martini, Monneypenny et pay attention 007). Un film peut se rater tout en passant avec succès les épreuves obligatoires (cf. 2012), mais en choisissant une approche originale et novatrice, il prend alors un risque bien plus grand, celui de ne pas être compris. En adaptant le roman de Cormack McCarthy, qui ne ressemble définitivement pas à la novellisation d’un épisode de Mad Max, John Hillcoat fait le choix d’une approche différente. Pas de paysages massivement reconstruits à l’aide de photoshop, mais des forets hivernales, pas de gangs de roads-warriors, mais des bandes de hobos…
Mais cette différence d’approche est un peu ambiguë, car en y regardant de plus près, on s’aperçoit bien vite que le réalisateur ne résiste pas à la tentation de remplir, de dynamiser la trame du livre qui frappait principalement par son vide (marcher, chercher à manger, se cacher et recommencer ad libitum).

Sans revenir sur le vieux troll de l’adaptation de livres au cinéma, on ne répétera jamais assez le danger de porter à l’écran des succès de librairie, qui plus est récents. Tétanisés par le poids du bouquin, les producteurs qui ont payé les droits la peau des couilles et le choeur des fans sur internet qui promet le lynchage en cas de trahison de « l’oeuvre », le scénariste et le réalisateur ose rarement faire ce qui doit être fait, c’est à dire s’approprier le bouquin, couper franchement par endroits pour ne pas se disperser au final.
Ici, si le scénario procède bien à quelques changements, ils sont plutôt cosmétiques et n’apportent pas grand-chose, en particulier les scènes avec Charlie Theron.

Alors que j’ai fini la lecture du livre de McCarthy complètement déprimé, je suis sorti de ce film sans y être vraiment jamais rentré. J’avoue ne pas bien être sur d’avoir compris ce qui avait raté, scénario trop timide, direction d’acteur un peu superficielle, mais à coup sûr, quelque chose n’avait pas fonctionné.
Dommage, surtout quand au détour d’une scène, Robert Duvall laisse entrevoir ce que le film aurait pu être, un message sur l’humanité et ce qui en reste quand tout a disparu.
A lire également :
un vrai coup de coeur pour le blog de « Mon amie chômeuse« , qui propose également un article sur « la route » et puis parce qu’un blog qui propose une catégorie « fin du monde » ne peut qu’être sympathique.
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N’ayant pas lu le livre je ne peut qu’affirmer une chose je suis sorti de se film complètement déprimé.
@ Mosa
Votre commentaire semble confirmer ce que je pensais après avoir lu quelques avis de spectateurs sur film, il fonctionne plutôt bien sur les non lecteurs du livre…
PS : Mosa, va bosser !
Pourtant le message du « Vieil Homme » est parfaitement clair : pas d’espoir…et l’étincelle qui brille dans ses yeux à la vue du « Petit » n’est causée que par la surprise.
C’est vrai que l’on est moins surpris par le film quand on a lu le livre, mais je trouve que lecture + film se complètent parfaitement bien, car les deux sont des chef d’oeuvre.
Question : pourquoi sort -on de ce film déprimé, alors que l’on sort de 2012 en rigolant ?
Parce que cette fin du monde est beaucoup plus plausible… et l’histoire entre le fils et son père est simple, universelle, sans maquillage tout simplement plus touchante.
J ‘ai adoré le livre mais je n’ai pas encore vu le film et j’ai peur d’être déçu comme l’auteur de cette article..
J’ai adoré les deux…
l’interprétation est magistrale, dommage de la rater..
La chômeuse remercie l’auteur du coup de cœur et du lien sur son texte (d’autant plus charitable que j’ai éprouvé à peu près l’inverse devant ce film que j’ai trouvé magnifique).
Mais l’honnêteté me pousse à avouer que je n’avais pas lu le livre, ce qui vient corroborer votre théorie… Je me suis empressée de l’acheter, histoire de me remettre un coup de bambou quand me viendra l’idée idiote que la vie n’est pas si moche finalement….