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Troisième guerre mondiale : des dossiers récemment déclassifiés révèlent comment la Grande-Bretagne aurait fait face à Armageddon 2/2

Holocauste nucléaireRevue de Net / PressePosté par le 10/02/09 • Classé dans Holocauste nucléaire,Revue de Net / Presse

Troisième guerre mondiale : des dossiers récemment déclassifiés révèlent comment la Grande Bretagne aurait fait face à Armageddon 2/2Par Sanchia Berg et Peter Hennessey (traduction la-fin-du-monde.fr)

Hier : 1ere partie – Le ‘War Book’

L’exercice de 1968, par exemple, nom de code «inestimable»,  commence le 27 septembre et donne l’indication la plus claire de la façon dont les stratégies définies dans le manuel de guerre auraient été mises en œuvre dans la perspective d’un conflit mondial réel. Cet exercice commence par un scénario fictif dans lequel le une cabale de «faucons » prend le contrôle de l’Union Soviétique – toujours appelé ORANGE dans les documents secrets. À 11h30 le jour de la crise, le cabinet se réunit dans la salle de conférence B à Whitehall, et décide de préparer secrètement les bunkers du gouvernement. Ils conviennent également de préparer une Loi de pouvoirs d’urgence draconienne, qui aurait pu passer par le Parlement de façon urgente et leur aurait fourni des pouvoirs extraordinaires en cas de guerre. En quelques jours, la situation internationale se détériore encore. Les nouveaux dirigeants bellicistes de l’Union soviétique, brandissant des menaces de plus en plus belliqueuses.

La Turquie, un allié de l’OTAN, est alarmée par l’accroissement des expéditions d’armes entre l’Union soviétique et la Syrie. Des forces armées soviétiques sont déployées le long de la frontière soviéto-norvégienne. Et une grande concentration de la puissance navale du bloc soviétique se rassemble dans la mer Baltique. La guerre se rapproche toujours plus – et avec le rythme accéléré des événements, il n’y a que peu d’espoir d’une résolution pacifique. Des avions soviétiques sont rapidement déplacés vers des aérodromes d’Europe orientale et des jets russes, qui avaient commencé à harceler les aéronefs civils dans le couloir aérien de Berlin, forcent un avion civil de la Pan Am à s’écraser. L’Allemagne de l’Est accuse l’Allemagne de l’Ouest de fomenter des plans d’invasion, et des forces tchèques et hongroises se massent à la frontière avec l’Autriche. Et, le lendemain, le twist le plus spectaculaire arrive : l’URSS pose un homme sur la Lune.

Troisième guerre mondiale : des dossiers récemment déclassifiés révèlent comment la Grande Bretagne aurait fait face à Armageddon 2/2

C’est le coup de publicité populiste que craignaient les experts du renseignement, qui va permettre selon eux de renforcer la résolution des Soviétiques à attaquer l’OTAN. Entre-temps arrivent les premiers signes de troubles dans le Royaume-Uni, dockers et cheminots se mettent en grève, apparemment manipulés par des agents soviétiques. Des lettres commencent également à apparaître dans les journaux pour demander quand les ménages seront conseillés sur la façon de protéger leurs habitations. La panique générale n’est jamais bien loin. Dans ce sombre climat, le cabinet se réunit de nouveau, à 15h30 le 17 octobre 1968. Entre autres choses, il décide d’appliquer la mesure secrète 2.11, qui prépare réseau de téléphonie pour la crise et prévoit l’érection de protections supplémentaires, constituées de blocs de béton, installées autour des bâtiments importants.

Des mesures sont également prises pour mettre la police, les pompiers et les services de défense civile sur le pied de guerre afin qu’ils soient prêts à faire face à une attaque nucléaire. Les chefs d’état-major se préparent également à faire évacuer les éventuels militaires blessés en Allemagne. A ce point de l’exercice, le Cabinet  annonce également la mobilisation générale de toutes les forces armées, y compris les réservistes, et a assure que les troupes britanniques en Allemagne sont préparées pour une attaque conventionnelle massive. Il ne s’agit plus maintenant que d’une question de minutes avant que l’ordre soit donné d’évacuer le personnel clé vers les bunkers. Dans une crise réelle, cet ordre aurait pu venir sans avertissement. Et ce moment aurait été vraiment terrible pour le personnel gouvernemental impliqué. Ces fonctionnaires auraient été appelés auparavant par leurs ministères et ils leur auraient été donnés quelques heures afin de rentrer chez eux, dire adieu à leur famille avant de se présenter à Addison Station Road, près de L’Olympia de Londres. De là, des trains spéciaux les auraient emmenés vers la base militaire de Warminster. Pour éviter une panique générale, ils auraient alors été conduits secrètement par des routes secondaires et sous le couvert de l’obscurité à leurs bunkers respectifs. Cela aurait été un voyage pénible, et au moment où ils descendraient dans leur refuge souterrain, tous auraient pu craindre qu’ils ne revoient plus jamais le monde qu’ils connaissaient. Et en effet, la perspective de devoir abandonner votre famille et vous retirer dans un bunker était si terrible, que beaucoup de hauts fonctionnaires craignaient que beaucoup de leur personnel refusent de prendre leurs fonctions. En conséquence, les plans étaient tenus secrets pour un grand nombre de ceux qui auraient dû rejoindre un bunker. De nombreux fonctionnaires ont traversé toute leur carrière sans jamais réaliser qu’ils avaient été affectés à l’un de ces bunkers.

Revenons à la répétition de 1968 alors que les dirigeants soviétiques bellicistes ont envahi l’Autriche. Leurs alliés du Pacte de Varsovie ont attaqué la Grèce et la Turquie. La guerre a fait un pas de plus. Quand ces invasions sont mentionnées par les médias, la panique commence à envahir les rues de la Grande-Bretagne. On assiste à une demande massive pour les denrées alimentaires – notamment les conserves – et des pénuries sont signalées dans certaines régions. Il est encore trop tôt pour évaluer précisément l’humeur de la nation, mais la foule commence à se rassembler à Downing Street et Whitehall. Beaucoup appellent la Grande-Bretagne à déclarer sa neutralité et à rester en dehors du conflit. On signale des personnes qui commencent à fortifier leurs maisons. Peu de personnes retournent à leur travail, mais les quincailleries et les chantiers de construction sont dépassés par les gens achetant du bois, du béton et du sable pour construire des bunkers de fortune.

Troisième guerre mondiale : des dossiers récemment déclassifiés révèlent comment la Grande Bretagne aurait fait face à Armageddon 2/2

La crise rentre réellement dans les foyers.

Le gouvernement prend alors certaines des dernières mesures recommandées par le manuel de guerre. Ils vident les hôpitaux de tous leurs malades à l’exception des plus graves, déplacent les plus grands trésors artistiques Londoniens vers des installations de stockage souterraines et sécurisées – et mettent en application les plus dures des nouvelles lois, prévoyant par exemple, la possibilité d’exécutions sommaires en cas de pillage.

Puis vient le point de non-retour. Les forces de bloc soviétique envahissent l’Allemagne occidentale. Les chars et les troupes se déversent à travers la frontière, les dirigeants soviétiques appellent les travailleurs de l’Ouest à renverser leurs gouvernements et avertissent que toute utilisation d’armes nucléaires par l’OTAN entraînerait des représailles violentes. Des armes chimiques et biologiques sont utilisées par les Soviétiques. En quelques jours, l’Armée rouge a balayé la France et a atteint la Manche.

Du fond de son bunker, le Premier ministre a pris la terrible décision – et a autorisé une frappe tactique(*),  c’est-à-dire, l’utilisation d’armes nucléaires pour attaquer un certain nombre d’objectifs militaires soigneusement sélectionnés. Les Soviétiques déclenchent également une frappe importante et le Premier ministre estime qu’il n’avait pas d’autre choix que d’annoncer l’heure L, le lancement de toutes les armes nucléaires restantes. Armageddon est désormais une certitude. Pour ceux qui prennent part à l’exercice en 1968, ce fut un moment terrifiant. David Young, qui joua le rôle du Secrétaire de la défense, se rappelle encore ses impressions. «J’en ai eu la chair de poule ».

Ces exercices ont été supprimés au début des années 90 et le manuel de guerre rapidement devenue obsolète, fini caché dans un classeur poussiéreux. En tant que document historique, cependant, il est toujours aussi hypnotisant, et constitue un rappel effrayant de jusqu’ou nous fumes proche de l’apocalypse.

(*) La révélation de la possibilité d’une frappe nucléaire préventive par la Grande-Bretagne est terrifiante, les armes nucléaires sont déjà tellement effrayantes dans le cadre de la dissuasion, mais savoir qu’un pays démocratique a pu envisager leur utilisation de façon tactique (comme si ce mot pouvait avoir un sens dans ce type de situation) est consternant. (N du T)

Hier : 1ere partie – Le ‘War Book’

Lire l’article original sur le site du  Daily Mail

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