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Tarmac Nicolas Dickner

LivresPosté par le 10/25/09 • Classé dans Livres

« Rien ne ressemblait davantage à la fin d’un monde que le début d’un autre »

Tarmac Nicolas Dickner

Ce qu’il y a de bien avec la fin du monde, c’est que, contrairement à ce que l’on pourrait croire a priori, c’est varié. Après avoir chopé une bonne déprime post « The road » (Cormack Mc McCarty), j’ai eu la chance de tomber sur une grosse bouffée d’endorphine, bienfaitrice par les temps qui courre.

Dans « Tarmac », Nicolas Dickner, dont c’est le second roman, utilise toute la gnose apocalyptique pour peindre la toile de fond d’une histoire sensible et initiatique. Et ça marche, parce que le résultat est extrêmement surprenant, et très drôle. L’auteur pratique, entre autres,  le name dropping cinématographique avec talent, citant, « Dawn of the dead », « La planète des singes », ou d’obscurs films d’horreur néo-zélandais. L’écriture est lyrique, quasi délirante et extrêmement jouissive.

« Mary Hope Juliet Randall, dite Hope, était la plus jeune représentante d’une famille qui, depuis une époque imprécise – mais que d’aucuns situaient sept générations en arrière -, souffrait d’une grave obsession pour la fin du monde. (…)Chaque Randall recevait une date différente, ce qui compliquait passablement la tâche d’être pris au sérieux. En outre, lorsqu’un Randall survivait à sa fin du monde, il manifestait un brusque déséquilibre mental et une tendance à endommager la propriété publique. L’histoire se  concluait généralement à  l’asile, ou ce qui en tenait lieu. »

L’héroïne, Hope, 18 ans, vit avec sa mère qui est persuadée que la fin du monde est programmée pour l’été 1989. Le garçon, Mickey Bauermann, est un jeune nord-américain moyen au cœur pur, tous deux vivent à Rivière-du-loup. L’action commence en août 1989, en pleine perestroïka, au moment ou on bascule de la guerre froide et de la perspective d’un holocauste nucléaire à l’ouverture d’un Mc Do sur la Place Rouge.

Puis, l’histoire s’accélère, « Tarmac » nous fait traverser la période 1989 – 2001, chute du mur de Berlin, opération Tempête du désert, Y2K.C’est un peu comme si « Forrest Gump » avait percuté  « Podium » (Yann Moïs). Enfin, l’action bifurque et fonce plein vers l’Orient et ses mystères. Dans tout ça, deux ados grandissent, découvre la vie, ses joies et ses questions.

« Tarmac », c’est un miscelanous savoureux, composé comme il se doit d’éléments à la fois “segmentant” et décalés” :  l’équivalent citron d’Hiroshima, Five years de Bowie, les ramens Capitain Mofoku et « The nature of Things » de David Suzuki. C’est aussi le seul roman ou l’on peut trouver la traduction japonaise de « Puis-je emprunter votre masque à gaz / votre habit  antiradiation ? » (Gasuma-suku / houshanou bougyo suutsu o kari te mo ii desu ka?).

« Tarmac » est sorti au printemps au Québec, chez Alto, mais, aux dernières nouvelles, une sortie française est prévue chez Denoël au printemps 2010.

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