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La fin du monde, j’y étais

PhotographiePosté par le 9/22/09 • Classé dans Photographie

 La fin du monde, j’y étais« La fin du monde, j’y étais » est le titre d’une expo de photos réalisées par Ester Viola du 24 septembre au 26 décembre 2009, à la boutique Kulte du 76 rue Vieille du Temple (Paris, 3e).

«Directement inspirée de notre thématique de collection, l’exposition d’Ester Viola «La fin du monde, j’y étais», présente des tirages en couleur de paysages lointains mis en opposition à des photos en noir et blanc sur lesquelles apparaissent les fantômes d’ombres décharnées »

(Extrait de Kultorama #5, le magazine de la marque Kulte, mécène de l’artiste)

Né à Rome en 1979, marseillaise à partir de seize ans et aujourd’hui partagée entre Paris et New York, Ester Viola est architecte, diplômée d’Etat de l’école de Paris La Villette. Ce dernier point se retrouve fortement dans son travail photographique, parcouru d’immeubles déshumanisés et de paysages de fin du monde. La marque de prêt à porter Kulte lui à confié la réalisation d’une série de photos en lien avec le thème « The final Day », l’occasion d’un portfolio dans le magazine de la marque et d’une expo dans son magasin parisien.

 La fin du monde, j’y étais

4 questions à Ester Viola :

  • Quand on regarde vos photos, le thème de la fin du monde ne semble jamais très loin (« trip to the end » par exemple). Ce sujet est-il important pour vous ?

En tant qu’architecte je suis sensible aux paysages massacrés par une construction inconsciente, par la volonté de l’homme d’inscrire sa marque sur ce monde. En tant que photographe j’essaye de cueillir le passage de l’homme, d’immortaliser son ombre, sa trace. L’homme passe, ses architectures (au sens large), restent … C’est peut-être plus la « fin de l’homme » qui m’interpelle, qu’est ce qu’on laisse derrière nous ? Quel sera l’héritage de notre civilisation ? Imaginer la « fin du monde » est une façon pour moi d’imaginer une réponse à cette question.

 La fin du monde, j’y étais

  • Quelles sont les œuvres inspirées ou parlant de la fin du monde qui vous ont marquée ?

« Je suis une légende » (le livre) de Richard Matheson.

Je l’ai lu il y a 4 ans et depuis ça me travaille, qu’est-ce qu’il voit Robert Neville chaque jour en se réveillant ?

Par ailleurs, je trouve que le film qui en a été tiré, malgré des images spectaculaires, ne reproduit en rien l’ambiance qu’on peut ressentir en lisant le livre.

« Blade Runner » (le film) de Ridley Scott, l’ambiance en général, les décors et la tirade de fin de Rutger Hauer : « I’ve seen things you people wouldn’t believe. Attack ships on fire off the shoulder of Orion. I watched C-beams glitter in the darkness at Tannhäuser Gate. All those moments will be lost in time like tears in rain. »

 La fin du monde, j’y étais 

Matheson / Blade Runner / Dylan Dog

 

En général, l’œuvre de l’artiste Christian Boltansky, son immense travail sur la mémoire et la mort.

La BD italienne » Dylan Dog », dont je suis une fan de la première heure. Dylan Dog est un investigateur privé une peu bizarre qui ne traite que de cas relevant du surnaturel. La fin du monde ou les fins du monde possibles sont un sujet récurant. L’univers graphique de Dylan Dog m’a également inspirée pour cette exposition.

Dans un autre registre, je suis une passionnée de dessins animés japonais, qui abordent très fréquemment le thème de la fin du monde, ou de la fin d’un monde, pour en citer 4, « Amer Béton », « Ghost in the Shell », « Le tombeau des lucioles »,  » Death Note » …

Pour couronner le tout, un voyage en Islande (qui est un peu « le bout du monde ») à l’occasion duquel j’ai photographié les paysages et un séjour au Brainmixer Lab à Brooklyn , où j’ai « photographié des ombres »…

 La fin du monde, j’y étais

  • Quand vous parlez du film « I’m Legend », j’imagine que vous pensez à la version avec Will Smith, connaissez-vous les deux autres adaptations, celle avec Charlton Heston « The Omega Man« , et celle avec Vincent Price, « The last man on Earth » qui est celle la plus proche du roman ?

 La fin du monde, j’y étaisEffectivement, je pensais à la version avec Will Smith qui m’a très déçue, je ne m’attendais pas à beaucoup mieux, mais quand même ! On m’a parlé de « The last man on Earth », mais malheureusement je n’ai pas eu l’occasion de le voir. D’ailleurs, l’affiche du film est absolument géniale. Et non, je ne connais pas « The Omega Man » …

  • Qu’est ce qu’un « paysage défait » (undone landscape*) ?

J’entends par là un paysage marqué par l’homme, fait et défait par ce dernier. Ou alors un paysage artificiel « défait » par le temps. Ou encore « défait » par la nature, par exemple un paysage volcanique comme l’est l’Islande. C’est pour moi un état de choses transitoires juste avant la destruction ou juste avant l’achèvement, dans quel cas undone voudrait plus dire «pas fait», pas fini, inachevé.

(Interview réalisé par mail le 21 septembre 2009)

En + :

*Référence au sous-titre du blog d’Ester Viola

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